Départ avec Gaia pour la cote sud de Minorque, guidé par notre pilote côtier de 1996 et par le papa de Marine F. qui a vécu sur l’île dans sa jeunesse. Des sauts de puce à cause du peu de vent ce qui nous oblige à mouiller devant la petite île d’Aire avant de rejoindre la Cala Covas, minuscule petite calanque avec amarrage à terre pour ne pas heurter les autres bateaux. L’endroit est calme, les falaises calcaires percées de catacombes qui sont autant de nids à nudistes. Nous y restons 3 jours, au programme : promenades et jogging sur le plateau minorquais, entrainement à l’harmonica (chansons de noël, le soldat Louis, Francky Vincent ou tout air que l’on souhaite chanter), et baignade, Marine cherchant les ormeaux bras en l’air pour ne pas mouiller son plâtre, slalomant entres les méduses !
Départ anticipé vers Majorque, Gaia restant une semaine en arrière pour profiter des charmes de Minorque. Après une traversée à 7 noeuds de moyenne sous genaker, nous atterrissons à Alcudia, petite ville balnéaire colonisée par des hordes d’Allemands version tourisme de masse. La vieille ville est charmante, toute entourée de remparts et l’arrière pays avec ses champs et ses jardins nous redonne de l’espoir…
Marine profite de ces quelques jours pour commander un nouveau coude d’échappement pour notre Volvo et nous nous envolons avec Philippine pour Marseille retrouver la famille. Pendant ce temps Guilhem mène grand train avec tours de manèges et glaces.
De retour, nous accueillons Guillaume venu fêter les 35 ans de sa sœur à bord. Il fait une chaleur folle, le bateau commence à sentir la charcuterie corse qui pend au plafond et du coup je salive chaque fois que je descends dans le bateau. La résine de Marine dégage plutôt une odeur de maladie et il faut la refaire avec interdiction de la mouiller!
Nous retrouvons nos amis de Gaia qui se sont régalés et nous dirigeons vers l’ile Formentor pour un superbe mouillage et une jolie plage de sable blanc nous permettant de fêter l’anniversaire de Marine comme il se doit ! Champagne, le fameux Nuit Saint Georges de 84 de Marine F (le tirage nous a été favorable car cette bouteille ci était bonne), gravelax de thon faisandé (c’est délicieux, on dirait un bon lonzo, je vais en faire ma spécialité !) et gateaux au chocolats. Adri nous régale même d’un joyeux anniversaire à l’harmonica et nous déclame sa poésie apprise au cours de la traversée : « mignone, allons voir si la rose…. »La nuit est chaotique, nous avions un peu bu et comme l’intuition des enfants est infaillible ils s’en sont donnés à cœur joie pour nous punir… sans compter cette bouée de corps mort qui joue à taper la coque quand il y a pétole…
Départ pour la cote nord de Majorque, la plus sauvage, bordée de falaises,. Guillaume nous fait sa petite hypoglycémie en escaladant en plein cagnard un fort qui nous domine et est sauvé à grand renfort d’eau et de bonbons par un touriste étonné de nous voir jaillir de nulle part.
Nous faisons un joli mouillage sauvage à la Cala Vall de Boca au nord du Cap Formentor, Adri chasse les bigorneaux pour l’apéro, Guillaume bronze sur la plage avant pendant que Guilhem trouve rigolo de dilapider nos réserves de bouffe pour voir les poissons, Marine fait ses aquarelles.
Passage par puerto Soller pour una raja (une pinte de bière) puis un resto où les enfants se déchainent, se roulent par terre et font le tour des tables, mais avec l’habitude nous n’avons ( presque) plus honte…
Puis nous mouillons au Parc naturel de Dragonera, superbe ile à l’ouest de Majorque qui ressemble au pic saint Loup en plus petit mais qui culmine tout de même à 300m. Nous nous empressons de le gravir en courant pour nous dégourdir, chemins muletiers, petites parcelles et jardin botanique parfaitement entretenus, un vrai régal. Balade avec les enfants toujours en plein cagnard (on avait pourtant dit la dernière fois : « plus jamais »), Guilhem apprend à capturer les lézards au collet et il veut absolument les manger ! Pic nic familial avec Charlie et Jennifer et leurs 3 enfants en vacances, Adri en profite pour avoir entres deux verres un devis pour un jeu de voiles neuves (Charlie travaille pour la voilerie Incidence). Nous les aidons à décrocher leur ancre bloquée sous un rocher, puis c’est au tour de portugais de venir demander de l’aide….
Notre dernière escale est à Palma de Majorque : c’est un autre monde, sur les 1000 places du port et pourtant difficile de trouver une place ! De justesse nous avons la dernière ! En effet il y a très peu de place « pour les petits bateaux comme nous » dit-on à Marine, furieuse ! Sur le ponton, Karemo fait penser à un petit dériveur entres les maxi voiliers de 60 pieds minimum, et c’est comme ça dans tout le port, voitures de luxe et équipages au petit soin des yachts… nous nous demandons quelle sera la facture pour cette place au port! ( au final , bonne surprise) Dernière promenade dans la vieille ville avant le départ de Guillume. Nous nous émerveillons devant « La Seu » : 2ème plus grande cathédrale d’Espagne, de style gothique-catallan, dont la 1ere pierre fut posée en 1229. Aussi, les palais arabes, jardins et ruelles donnent à la capitale un charme inattendu et, lorsque le soir les touristes rembarquent dans les paquebots en escale, on peut profiter d’un peu de fraicheur. Les filles en profitent pour faire un peu de shoping, et surtout un massage de 2h, Cadeau des frères et sœurs de Marine !
Nous reprenons la route vers Ibiza, 60 miles à l’ouest, avec une escale à las Iletas et dans nos soutes un nouveau stand up paddle gonflable que je rêvais d’avoir ! Dernière soirée avant le départ sur Fopadec’h, voilier dont les sympathiques propriétaires bretons nous ont conviés à prendre l’apéro !
Traversée tranquille de 10 heures au grand largue et arrivée sur l’ile de Tagomago, pointe est d’Ibiza ou une trentaine de vedettes sont encrées dans le sable bordant cette petite ile à la végétation rase et occupée par des mouettes, des lézards, un phare et une splendide villa blanche avec piscine (par ailleurs surement inhabitée hormis le personnel!). Heureusement tout le monde décolle le soir et nous pouvons enfin nous retrouver presque seuls sans cette énorme vedette tape à l’œil, musique à fond et jeunes déchainés dont l’un d’eux n’hésite pas à plonger derrière Marine pour l’inviter à bord ! Moi bloqué par le babysitting, elle décline l’offre bien sûr !
Au petit matin nous sommes seuls, l’eau est clair, j’en profite pour tester le paddle et trop sûr de moi fais un beau plongeon, ce n’est pas aussi simple que je le pensais mais l’équilibre vient vite et je m’imagine déjà survolant les lagons du pacifique… A terre, entrainement en fractionné avec ascension au phare pour ne pas perdre la forme et décision d’un commun accord de faire une pause alcool et tabac pendant 7 jours…
Les vents étant favorables pour une descente rapide vers Gibraltar et étant donné l’assaut touristique ici nous décidons de ne pas faire la cote nord d’Ibiza et de poursuivre au plus vite vers les portes de notre chère Méditerranée. Navigation au portant par petite brise, notre traceur rame un peu avec un nombre impressionnant de cibles AIS, en effet nous passons devant la ville d’Eivissa, (on entend les basses des boites de nuit) on slalome entres les navettes rapides, les vedettes et les superbes voiliers. Mouillage sur l’ile d’Espalmador où Caroline et Benoit nous invitent à prendre l’apéro sur Vaga leur « cacamarant » comme le prononce Guilhem ! D’emblée nous repoussons notre sevrage alcoolique pour ne pas froisser nos hôtes qui sont tombés amoureux de la Casamance et nous convainquent d’y faire escale. Si tout va bien et si la fin de la saison des pluies n’est pas rédhibitoire nous pourrions y être 1 mois à partir du 10 septembre après une entrée administrative à Dakar.
Nous quittons le monde d’Ibiza pour une traversée de 240 miles vers la baie d’Almeria, petit port andalous.
Nous alternons voile et moteur sans perdre de vue Gaia, son AIS n’étant en fait qu’un classe B, il n’émet pas assez fort pour nous être utile ! La veille est un peu plus régulière que les traversées précédentes du fait des routes commerciales qui convergent vers Gibraltar et nous sommes doublés assez souvent par d’énormes porte-containers et super-tankers, du coup les nuits de quart sont plus fatigantes et nous nous partageons la nuit 4h-4h avec Marine. Les enfants alternent leurs périodes hyperactives avec à la clé gribouillage intégral de sa cabine par Guilhem (heureusement que les vaigrages en pvc se nettoient facilement), arrachage des pages de livre par Philippine, déballage complet des caisses à jouet dans le carré, débricollage de la déco de Marine, leurs repas une fois sur deux infernaux, et les heureuses périodes de sieste et de dodo ! Du travail pour nous deux à temps plein et nous nous relayons pour nous permettre à chacun un petit moment perso.
A coté de ça il y a la satisfaction de les voir progresser avec cette vie stimulante, Guilhem est entièrement propre et nous divise les stocks de couche et surtout les déchets par 2, il fait ses premier bonhommes et voitures en dessin, et il est très à l’aise dans l’eau ; objectif pour moi : le faire nager avant ses 4 ans.
Coté navigation, nous sommes confortables sous simple gennaker, nous croisons avec des petits dauphins, surprenons une tortue, par contre, je n’arrive pas à remonter 2 énormes poissons qui me font perdre mes plus gros Rapalas, et en plus un énorme marlin saute derrière le bateau pour se moquer de moi ! Marine se régale avec les tourbillons de planctons phosphorescents du sillage et nous faisons notre première cueillette du basilic de Nico en espérant qu’il survivra au climat tropical !
Le 21 juin nous franchissons le méridien 0 et passons désormais en longitude ouest, go west !!
L’horloge du bord est mise à l’heure UTC, nous vivons encore à UTC +2H mais pour la suite nous soustrairons une heure à chaque 15 degrés de longitude ouest franchis.
Finalement nous rectifions le cap pour le petit port d’Almerina ou il nous faudra faire le plein de produits frais et prendre le temps de bricoler avant d’appareiller pour Gibraltar ou peut être Tanger ?


























































