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Mai 2018 : les Marquises

Je reprends mon embryon d’article jeté rapidement lors de ma dernière connexion.

Avant tout, quelques notions de géographie : Qu’est ce que la Polynésie Francaise ? La Polynésie Française, située en plein océan Pacifique compte 5 archipels :

  • Les Marquises (les plus au Nord, comptent 13 îles dont 6 îles principales) : très montagneuses, très vertes, majestueuses, où poussent une myriades de fruits et courent des chevaux sauvages).
  • Les Tuamotus(plus de 300 îles, paradis des plongeurs : eau turquoise, raies mantas, requins baleines…)
  • Les Iles de la Société (dont entre autres, Tahiti, Bora Bora…)
  • Les Gambiers (au sud des Tuamotu)
  • Les Australes (comme leur nom l’indique, les plus méridionales)

Notre longue traversée nous mène donc en premier lieu aux Marquises, archipel le plus éloigné de tout continent. Il compte 13 iles dont 6 sont habitées.

Un peu d’histoire :

Ce fut en 1595 que les Espagnols Alvaro de Mendana et Fernandez de Quiro, abordèrent HivaOa ( la 2eme ile que nous avons visitée) à la suite d’une erreur de navigation, pensant rallier les îles Salomon.

Aux XIXème et XXème siècles, les Anglais, Français, et Américains, baleiniers, négociants attirés par le bois de santal laissèrent un triste souvenir : De tous ces étrangers, les Marquisiens hériteront de l’alcoolisme et des maladies occidentales qui décimèrent une population initiale de 100 000 habitants. En 1926 un recensement révéla le nombre d’habitant à 2100 âmes. A ce jour, on compte moins de 10 000 habitants, répartis sur ces 6 îles.

Notre 1ère ile , FATU HIVA : 10 jours sur place

Après une traversée de 28 jours, les marins rêvent surtout d’une chose (pas d’une seule mais surtout celle la) : DE FRUITS !!! C’est une denrée rare à bord, car ils sont vite consommés et ne se conservent pas très bien. Et qu’offre Fatu Hiva ? : des centaines de fruits ! A peine arrivés les habitants du village nous offrent d’énormes pamplemousses (meilleurs qu’en France, pas amer du tout), des kilos de citrons juteux, des mangues à foison (pas de mangues à peine mûre au gout de térébenthine, des mangues délicieusement sucrées), des papayes, des goyaves, des bananes, des pommes cythères ….

Aussi durant notre séjour dans la Baie des Vierges (anciennement baptisée baie des Verges en raison de la forme suggestive des roches), nous dînons à plusieurs reprises chez l’habitant, afin de découvrir leurs spécialités locales : uru ( fruit a pain) cuit en frite, ou bouilli, poisson crû à la Tahitienne, fafaru :poisson fermenté (beurk), cochon cuit au four marquisien…Oliv pèche à la ligne une jolie carangue bleue : un délice.

Nous profitons de la fraîcheur de la rivière qui se jette dans la mer, allons à la cascade et au barrage où l’on peut se baigner. Les hommes partent en expédition : randonnée de 10h dans les chemins escarpés et boueux afin d’atteindre une autre vallée. Marine F et moi sympathisons avec les femmes et enfants du village. Veronika, une femme de 40 ans me couvre de cadeaux, de couronnes, de vêtements qu’elle fabrique à Fifi . Reva nous tresse de superbe couronnes de fleurs.

Pendant ce temps la, Guilhem fait ses 1ers pas à l’école du village qui compte 3 classes, de la 3eme section de maternelle au CM2 ! Et oui, en 5 minutes, la directrice accepte de scolariser mon Guigui, le matin. Ce sera le plus petit et elle semble ravie car l’année prochaine elle aura 6 petits de son âge. La pauvre ! Bilan de la 1ère journée de Guilhem, elle m’apprend, grand sourire, que Guilhem a fait pipi dans la cour, elle a dû gronder tous les enfants qui ont voulu faire comme lui. Une demi-heure après son arrivée, il voulait manger ! au moment de boire, il ne savait pas ouvrir le robinet (et oui, cela n’existe pas à bord, nous avons des pédales !) puis buvait comme un petit chien ! ( là, la directrice imite un chien qui lappe son bol !)Bref, il semble avoir été une charge supplémentaire pour elle mais elle semblait l’apprécier particulièrement. Lui aussi semble s’être bien plû !

Enfin, dans cette contrée très catholique, nous profitons de la messe et des merveilleux chants des prières quotidiennes.

Nous passons aussi quelques soirées entre les divers bateaux copains .

HIVA OA : 13 jours

C’est la plus grande île en superficie, et elle abrite Atuona, la seconde ville en taille de tout l’archipel : c’est-à-dire une rue avec 5 petits magasins, un snack avec une connexion Wi-Fi médiocre, une pharmacie, une gendarmerie, un dispensaire,un petit musée sur gauguin- le mal aimé ici- et Brel. Vivent ici plus de 2000 habitants.

Nous y restons une dizaine de jours. Aussi nous retrouvons encore un bateau copain rencontré au Panama : Kirwit avec Sylvain et Lili, parent de Paul, 11 ans, qui vivent sur leur grosse goélette depuis 6 ans. Leur rêve était de s’installer aux Marquises afin de réaliser de la permaculture. Après 2 semaines sur place, Sylvain est enchanté, plein de projets, et connait la moitié du village !

Ainsi nous découvrons une atmosphère plus dynamique et « citadine ». Oliv se jette sur les brochettes de cœur de beauf de la kermesse de d’école, et nous dévorons les énormes barquettes de nouilles chinoises, bien grasses … Aux Marquises, le fléau de l’obésité et de la mal-bouffe sévit ardemment : nombre d’enfants et de femmes sont obèses. Malgré l’abondance de fruits de toutes sortes, ceux-ci préfèrent les produits chinois et ne boivent que des sodas.

Les gens arborent de superbes tatouages marquisiens, et je ne peux résister à rendre visite au tatoueur pour le voir à l’œuvre. Traditions ancestrales prohibées lors de l’évangélisation, le tatouage et les danses marquisiennes sont remis en valeur depuis 1986. Je vois quelques copains voiliers prendre RDV chez l’unique tatoueur officiel de l’archipel pour s’offrir un souvenir de ces îles inoubliables.

Nous nous promenons avec les enfants, visitons le petit musée de Gauguin et Brel où une très belle exposition est réalisée sur le site de sa maison. Nous nous offrons une journée sans enfant – que nous faisons garder par une jeune fille- pour visiter l’île avec Jean, un excellent guide français installé depuis 1972 aux Marquises. Sa culture et son engouement pour l’histoire, la culture locale, la nature nous conquièrent. Nous passons une excellent journée avec lui, à la chasse aux Tikis (statue de pierre sculptées) jusqu’au site de Paumou.

Le mercredi, Sandra, organise un barbecue associatif juste au dessus du mouillage. Une bonne dizaine d’équipage se retrouve à faire grillades autour d’une bière, entourés d’enfants , et sommes tous emportés par le son des guitares . David, ébéniste de renom, installé ici depuis 16 ans fabrique de toute pièce ses guitares et yukulélés dans des bois locaux, rendant ses créations uniques.

Je ne résiste à aller voir le dispensaire. Je patiente une heure dans la salle d’attente afin de m’imprégner des lieux, de voir comment les gens attendent leur tour. Ici, on peut attendre des heures sans se plaindre, l’ambiance y est même agréable! Les femmes ragotent en marquisien, c’est amusant ! Je rencontre enfin Karine, la Taoté ( médecin). Elle semble à la fois blasée d’être le seul médecin du dispensaire (ils sont normalement 2) et donc d’astreinte 24/24, 7j/7. Mais elle apprécie également énormément le travail qu’elle fait ici, et la douce vie qu’elle offre à ses 3 enfants. Maman solo, elle n’arrête pas. Le soir même de mon passage au dispensaire, elle est à bord avec ses loulous, et le WE qui suit elle nous convie à venir bivouaquer avec ses copains. Nous prenons un bonitier qui nous mène en 1h dans la baie d’Hanamenu. Le débarquement est folklo ! Nous (7 adultes et 6 enfants) devons atteindre la terre, on ne sait pas trop comment. Une partie de l’équipage se jette à l’eau, décidant de nager jusqu’à la plage. Au moment d’arriver sur le sable, des enfants nous accueillent tout sourire en disant « mais savez vous qu’il y a plein de requins ici ?!! ». Je ravale ma salive, moi qui ai sauté avec Guilhem et Philippine ! Une petite pirogue vient chercher ceux qui n’ont pas nagé, et tous nos sacs. A l’arrivée, une vague engloutit l’arrière de la pirogue, et mes sacs sont plein d’eau de mer….les couvertures et habits sont trempés ! Mais on passe un WE dans un petit paradis : au bord d’une plage coule une source d’eau potable, entourée de bananiers. Après avoir posé nos tentes de fortunes nous réalisons un délicieux barbecue sous une dégoulinade de bougainvillées. Les enfants s’amusent avec les cochons domestiques, et à « piquer chevrette » comme on dit ici : c’est attraper avec un pic de grosses crevettes dans la source. Les 2 jeunes couples d’habitants passent la soirée avec nous, tentant vainement de nous apprendre à danser la danse de l’oiseau ! Le lendemain ils nous ont cuisiné de délicieux plats de poissons. L’accueil est toujours aussi naturel et agréable.

Un autre jour, je décide que je veux être le médecin de l’ARANUI 5. L’ARANUI est une entité, car depuis toujours, c’est ce bateau qui réalise le transport de fret et passagers dans les îles sous le vent, les Tuamotu, et les Marquises. Il passe 2 fois / mois aux Marquises. A chaque passage, c’est l’effervescence, car les magasins sont ravitaillés en marchandises. Aussi il peut déverser 200 touristes qui profitent de 2 semaines de croisière de luxe. Je parviens à entrer en contact avec le médecin : Jonathan, un tout jeune généraliste qui profite de cette aubaine avec sa femme et leur petite fille de 3 mois. Supers sympas, on passe la matinée ensemble à s’échanger tous les bons plans possibles et on promet de se revoir à Papeete où ils vont travailler quelques mois. Au final, je ne veux plus être le médecin de l’ARANUI, car ce n’est pas payé, et que l’ARANUI fait en 2 semaines les 3 archipels que nous allons visiter en plusieurs mois !

Enfin, le dernier jour nous ne résistons pas à demander à Léonard, pêcheur, de l’accompagner pour sa pêche au thon. Nous partons 5 heures, au coucher du soleil, et remonterons 2 beaux thons. C’est une petite pêche pour eux mais ils ne semblent pas déçus. Léonard me raconte qu’il est heureux de vivre de sa passion, et que les affaires marchent très bien pour lui ! Durant l’attente, il nous montre son matériel et nous plaisantons bien : Oliv les fait beaucoup rigoler ! Le roulis est impressionnant, nous sommes bien secoués, tout ça dans une odeur de sang de poisson. Je pense à maman qui vraiment, là, aurait détesté cette situation !

Voilà, nous quittons maintenant Hiva Oa. Avec Oliv on se regarde, et nous savons tous les deux que nous reviendrons ici. Quand, on ne sait pas.

TAHUATA: 4 jours

C’est une toute petite île qui jouxte à l’ouest Hiva Oa. Ici se trouve une merveilleuse baie avec du sable blanc : la baie de Hanamoenoa. Eaux turquoises, sable blanc et cocotiers, paysage rare aux Marquises. Les garçons pêchent un beau poulpe qu’ils cuisinent parfaitement, après l’avoir longuement battu (afin d’attendrir la chair). Nous rencontrons son unique habitant, Steeven, marquisien taciturne las de voir tous les voiliers se servir de ses noix de cocos .

Puis nous restons quelques heures au joli village de vaihatu pour ensuite retrouver Gaïa et Esploristo dans la baie de Hapatoni. Pour ce WE de Pentocôte, Hapatoni, petit village voisin de 100 personnes reçoit 250 invités, venus des 2 autres îles du Sud, Fatu Hiva, HivaOa, afin de célébrer, 3 jours durant, la Pentecôte. Chaque famille arrive par bonitier et débarque, tous bien vétus, avec leur matelas, vêtements de fêtes, couronnes de fleurs. Nous assistons à la 1ère messe vendredi soir, profitons du repas commun, puis des danses de chaque île. C’est incroyable. Les Marquises, c’est exactement l’idée qu’on s’en fait. Les femmes, en robe, et ornées de fleurs en collier et en couronnes, dansent avec les hommes en chantant en marquisien, sous le son des guitares et yukulélés. C’est merveilleux. Nous y sommes, à l’autre bout du monde. C’est dans de tels moments que je réalise le chemin parcouru. De tels moments m’aident à prendre conscience de l’extra ordinaire vie que nous menons. Déjà nous devons partir pour aller chercher Raphaël à Nuku Hiva. Raph est un de mes anciens collègue des Urgences du CHU Conceptionà Marseille. Cela fait un an qu’il vit à Tahiti.

les copines d’ESPLORITO

l’eglise de Hanavave

la procession

sur le bord des routes

mon beau gendarme !!

arrivee de gaia 40h apres !

je me conduis a l’ecole !

le gtrajet pour l’ecole !

et voila mon guigui a l ecole

notre guide Jean !

balade a la riviere

Lili et Sylvain sur Kirwit