Nous quittons donc les Canaries par El Hierro, dernier bout d’ile volcanique et isolée à l’extrême sud ouest de l’archipel. La première nuit passée contre un quai de béton est mauvaise, à cause du vent et de la marée, une des filières se dessertie et le rail de fargue est maculé de noir. Donc encore des réparations supplémentaires alors que Marine renforce déjà la bande anti UV du génois avec la machine à coudre manuelle. Mais l’escale est sympathique, tout les équipages de jeunes rencontrés aux Canaries sont là, Danae, Courlevent et Thibaut en stand by pour le Cap Vert, Balthazar et Demiane qui repartent pour une boucle canarienne. J’en profite pour faire 2 belles plongées. Le soir nous retrouvons tout le monde sur la plage pour un apéro guacamole, Guilhem et Phiphi jouent avec les enfants des copains, douce soirée au bout du monde !
Dernier avitaillement de mangues fraiches (nous en mangeons 4 par personne par repas !) et légumes, puis bidonnage avec Benjamin pour compléter les vaches à eau. Dernier café à bord avec les copains venus dire au revoir et c’est parti pour 750 milles en ligne droite !
Pour apprendre l’estime à mes 2 mousses ( le 2ème étant Marine) : interdiction au GPS et navigation à l’ancienne ce qui signifie pour moi aussi réalisation régulière des points de positionnement réguliers au sextant.
Il y a un peu de houle et la première soirée et la nuit seront tranquilles, sans compter les enfants qui dorment mal, normal pour les premières nuits en mer ! Benjamin fait son premier quart facilement, il est parfaitement amariné.
1er jour
Peu de vent ce premier jour mais nous filons à 4 nœuds grâce à notre gennaker. Benjamin stresse un peu car nous avons calculé qu’il pourrait avoir son avion à Sal sur une moyenne de 5 nœuds, sans compter le temps probablement aléatoire des formalités une fois arrivés au Cap Vert!
Après le café le temps est propice aux manœuvres pour l’apprentissage, affalage de la GV, rangement du gennaker, mise en place de l’étai largable et de notre seconde voile d’avant tangonée. Un petit banc de thon irisés de rouge joue avec l’étrave de Karemo, je tente vainement une pêche aux canards mais on dirait que les poissons se moquent de moi ! Zéro prise aujourd’hui malgré nos 5 lignes de traines.
Notre vitesse est toujours un peu en dessous des prévisions mais la mer est agréable et nous savons que le vent va forcir. On en profite donc pour jouer à un nouveau jeu de carte appris par Benj : le Gabo, jeux de carte basé sur la mémoire des cartes, inconnu pour ma part et chose exceptionnelle : toléré par Marine ! La journée se passe entre parties d’échec, lecture, guitare et surtout à occuper les enfants avec de la peinture, gâteaux au chocolat….
Le soir : excellente pêche et nos premières Coryphènes, en 3 minutes 3 petites dorades pour les enfants puis une belle de 4 kilos que je vois bondir à 2 m à la touche alors que je remontais les lignes !
2eme jour
La deuxième nuit le vent forcit, la mer est belle, nous filons 6 nœud sous génois seul, la houle dans le dos Karemo fait un tout schuss vers le Cap Vert et les dauphins sautent de vagues en vagues, c’est parfait ! Les quart s’articulent comme suit : Marine jusqu’à 23h puis au réveil des enfants vers 8h, Benj jusqu’à 3h du matin puis moi jusqu’ à 8. Le vent est chaud mais on est bien en salopette et veste de quart pour dormir dehors et se protéger de l’humidité. Les quarts sont calmes, pas de manœuvres à faire, 1 seul cargo croisé car le trafic se situe plus prés de la cote mauritanienne.
3eme jour
Journée voilée, Karemo file ses 7 nœuds grand largue par 25 nœuds établis, la houle de 4m est belle, on surf mais ca secoue! On a ramassé un paquet de petits poissons volants sur le pont et Marine en a trouvé un gros dans les toilettes ! A midi une déferlante nous ruine la salade et le guacamole !
Nous avons calculé notre arrivée dans 2 j, Marine est la gagnante au jeu de l’estime, j’ai toujours un peu de décalage avec ma droite de hauteur et ma méridienne.
Le moral est bon mais c’est dur pour Philippine, pas toujours rassurée par le choc des vagues qui emportent le cul de Karemo et qui font vibrer la cabine arrière. Le repas des enfants est un mélange entre un sport de fond et d’équilibre, heureusement nous nous relayons et nous avons un excellent aspirateur à main pour éviter que l’intérieur finisse en poubelle…
4eme jour
Le moral est au top car Karemo sent l’écurie, la grosse houle nous a permis une cueillette spéciale et c’est dans la grande joie que Marine et Benjamin ramasse une dizaine de gros poissons volants piégés sur le pont par les filets à enfant ! En bonus deux jolies Dorades complètent la pêche du jour.
A noter quelques embardées dues au fait que Philippine s’amuse à déconnecter le pilote auto, l’inondation par la fuite de notre réservoir bâbord avec 200 litres de notre bonne et précieuse eau volcanique dans les cales, soit la moitié de notre réserve pour le Cap Vert. Fuite à rechercher plus tard après notre arrivée vu l’accès compliqué de ce réservoir.
5eme et dernier jour
Enfin le soleil revient pour recharger les batteries quasi à plat, nous approchons de Sal, la plus nordiste des iles du groupe Est de l’archipel du Cap Vert. Nous hissons le pavillon (à l’envers), et pénétrons vers 13h dans une petite baie abritée par une digue. Djaï, qui s’occupe des voiliers de passage, nous propose un de ses corps mort pour l’amarrage, et enfin nous trouvons le premier mouillage non rouleur depuis 2 mois.
(Marine) Ces 4 jours passé au petit port de Palmeira nous ravissent et nous prenons déjà nos habitudes : repas tous les jours dans la meme cantine, les jours ou l’on nous offre pas de poisson, jeux de carte, balade dans la petite ville ou tout le monde nous reconnait ( difficile de passer inaperçu avec Guilhem et Phiphi !!)
Nous avons déjà fait un petit tout en voiture avec notre fidèle Jaï qui nous explique et montre chaque recoin de son île. Et ce matin, Benjamin est reparti pour la France après 2 semaines et demi a bord





















































